Depuis presque 4 semaines maintenant, à 98% de mon temps environ (marge de manœuvre pour les sorties au resto où on a pas accès à toute la liste d’ingrédients pis toute!).
… !
J’ai eu droit à toutes sortes de réactions. C’est normal. Le végétalisme, c’est extrême aux yeux de la plupart de mon entourage. Et ceux qui me connaîssent depuis très longtemps savent que je pars de loin. La fille qui a le fromage tatoué sur le cœur est maintenant végétalienne.
- Bah, ça ne tiendra pas la route.
- Ben pourquoi ?
- Tu ne mange plus de beurre sur ton pain ?
- Fait attention à tes protéines.
Etc.
Ces réactions, je les comprends tellement. C’était moi il y a quelques mois. Il n’y a pas si longtemps que ça dans le fond. J’ai commencé à manger du tofu il y a à peine 2 ans lorsque j’ai commencé à donner du solide à Laurence. Avant de me transformer en carnivore de plus en plus infidèle l’année dernière, j’avais d’énormes préjugés par rapport aux légumineuses, au tofu et tous les produits de soya. J’étais abonnée au lait de vache, au fromage, à la crème, au yogourt grec, aux œufs et quelques fois par semaine, à la viande.
Ceux que me lisent depuis longtemps le savent, je fais de la haute pression artérielle. Suivie 2 fois par année par une médecin extraordinaire (une interniste … la chance que j’ai de l’avoir est inouïe), je prends des médicaments pour contrôler ma haute pression. Avec ceux-ci, ma pression est maintenu stable entre 135 et 142 sur 85 et 92. Ce sont des nombres limites trop hautes mais elles satisfont mon interniste alors on garde cette routine. Mais ça me dérange de prendre des médicaments. Je suis en forme, mon bilan de santé général est très bon, je n’ai pas de surpoids important, j’ai une assez bonne alimentation semi végétarienne, etc.
Cet hiver, j’ai écouté le documentaire Forks Over Knives. C’est écrit noir sur blanc sur la bande annonce: Attention, ce film pourrait sauver votre vie!. Moi, quand je lis des phrases un peu moralisatrices, j’ai tendance à me rebeller contre ceux-ci. Mais là, j’avais envie d’en savoir plus car je suis réellement prête à faire tout pour améliorer ma santé et mon bien-être général.
J’ai vu le documentaire et je le savais dans le fond de mon être que j’allais devenir végétalienne un jour. C’était une question de temps. Je le sentais tellement. C’était tellement déstabilisant. J’en étais presque bouche bée.
Le lendemain du visionnement, j’ai fais mon premier changement; remplacer mon lait écrémé dans mon café latté par du lait de soya. J’étais dans le métro pour me rendre à mon Starbucks habituel près de mon travail et je me répètais en boucle dans ma tête ce que j’allais commander: Grande Soya Latté, Grande Soya Latté, Grande Soya Latté. J’étais nerveuse. J’avais peur de ne pas aimer ça. J’ai changé d’idée pour la grosseur du latté, j’ai pris mon courage à deux main et j’ai commandé un Mezzo Soya Latté. Yikes!
Révélation.
À la première gorgée que j’ai pris après avoir pris une grande respiration, j’ai adorée le goût. Mais tellement beaucoup que j’ai poussée un Wow et un Génial, tout haut dans la rue. J’ai sourie. C’était juste là le premier pas vers la réduction important des produits laitiers pour moi. J’ai continué à boire un verre de lait de vache de temps en temps mais plus le temps passait, moins j’aimais le goût et plus j’avais envie de ne plus jamais en boire.
J’ai continué ma réflexion. Tout doucement. Sans faire de grandes recherches poussées et obsessives sur le web. Je voulais écouter ma voix intérieur sans me laisser influencer par telle ou telle étude qui m’aurait assurément donnée des maux de tête. J’avais envie que ce changement de vie m’arrive seule. À moi de moi et pour moi.
Je suis allée prendre un thé avec une amie qui est une hard core végétalienne, un lundi soir.
Elle m’a aidé à répondre à mes questions mais surtout, elle m’a aidée à m’enlever la peur que j’avais de devenir végétalienne. Elle m’a démystifiée mes mythes et m’a rassurée sur les choix que j’avais envie de prendre mais que je n’osais pas prendre par peur. Peur de ne pas être capable d’y arriver, peur du jugement des autres, peur d’être marginalisé, etc. J’étais ouverte et réceptive à ce qu’elle m’a dit et sans le savoir, ça été le coup d’envoi.
Le lendemain matin, en allant acheter mon Venti Soya Latté, au lieu de me commander mon muffin habituel, j’ai commandé le gruau. Je me suis dit tiens, je vais essayer aujourd’hui d’être végétalienne. Juste aujourd’hui. Demain, on verra.
J’ai continuée. Ça fait presque 4 semaines disais-je.
Je me sens super bien. J’aime mon assiette. J’aime ce que je mange. J’aime comment je me sens.
J’ai pris ma pression deux semaines après avoir commencé. Les chiffres sont impressionnants. Depuis deux semaines, j’ai pris 4 fois ma pression et voici mes chiffres: 119/85, 114/82, 117/83 et ce soir, 114/79. Ce dernier chiffre m’impressionne tellement. Sauf que là, j’ai peur que mes médicaments soient rendu moins adaptés pour moi. Je le sens physiquement que ma pression baisse. J’ai super hâte d’avoir les résultats de mes test sanguins et d’analyse d’urine le 26 octobre prochain. J’espère impressionner mon interniste et m’impressionner moi aussi. Je suis consciente que ça se peut que je sois obligé à continuer de prendre des médicaments pour xyz raisons et que si on décide d’arrêter ses médicaments, mon style de vie végétaliste devra rester pour le reste de ma vie. Mais honnêtement, ça ne me fait pas peur du tout. Plus maintenant.
Le fromage ne me manque pas.
Jamais j’aurais cru dire ça un jour. Mes collègues me taquinais ce midi en tartinant du beurre sur leur pain. Ça ne me manque pas le beurre. Mon pain sans beurre me plaît. Au pire, je n’ai qu’à demander un peu d’huile d’olive et de vinaigre balsamique pour le tremper mon pain. Tout ça, c’est tellement une preuve que j’étais prête à faire ce changement. Pour ça, je suis pas mal fière de moi. J’ai eu le courage de m’écouter et de faire un changement considéré comme marginale. Pour moi, elle ne l’est pas. Mais je comprends qu’elle peut le paraître. Je n’ai pas l’intention d’imposer mes choix à qui que ce soit, pas l’intention de devenir une police de l’assiette des gens que je côtoie, pas l’intention de juger le choix alimentaire de mon entourage. Mon choix est très personnel. Il est motivé par ma santé, mon désir de contribuer à la santé de notre planète et pour contester l’industrialisation animalière que je trouve horrible. Tout ça, ça m’appartient.
J’ai l’impression de faire un coming out. Héhé!

Wow, c’est impressionnant les chiffres, hein?
Pour ta transition vers ce nouveau régime alimentaire, c’est fou hein: quand nous sommes prêts à faire quelque chose, ça se fait avec aisance.. Devenir végétarien, c’est quelque chose, mais devenir végétalien, le changement est pas mal plus profond, faut une sacrée dose de détermination, bravo!
Rien d’autre que “wow”
Tellement bien raconté, sans morale. Je veux faire mon coming out moi aussi et je vais m’inspirer de ton texte, si tu le veux bien! Et que dire de tes chiffres. Je suis fascinée. Moi qui ai une si grande foi en notre corps d’humain, en notre capacité à en influencer le fonctionnement, cela me rend d’autant plus optimiste!
J’ai bien hâte de lire ton texte Madeleine :))
Mon ex-belle-soeur est végétalienne. J’ai eu la chance de goûter à sa nourriture et c’est tellement bon avec toutes les arômes et le jeu des saveurs naturelles. Fort probablement qu’à Montréal il sera plus facile de trouver les ingrédients des recettes car à Gatineau, il n’y avait pas beaucoup de boutiques pour l’aider.
Il y a tellement tout ce que j’ai besoin tout près de chez moi que ce ne sera pas difficile. Là où je vais avoir des défis c’est dans la vie sociale. Mais je suis flexible pour ce genre de situation. Je ne souhaite pas que mon mode de vie végétalienne dicte ma vie sociale.
Tout ce que je peux dire, c’est que je m’incline bien bas. Je crois aux vertus d’une alimentation végétalienne. J’aimerais bien pouvoir en faire autant, mais ça m’apparait comme une montagne absolument insurmontable pour le moment. Je suis prête à essayer quelques recettes cependant. J’espère que tu en mettras régulièrement sur ton blogue!
Merci Geneviève! Et bien tu me motives à en publier des recettes. Si ça intéresse du monde, pourquoi pas ?!!
Je crois sincèrement que lorsqu’on est prête pour un changement, il est beaucoup moins radical qu’on se l’était imaginé. Ceci dit, j’ai dû aussi changé certains aspects de mon alimentation dernièrement pour des raisons de santé (et crois-moi, je n’y étais pas préparée!!). Ainsi, je dois supprimer tous les produits laitiers, et je suis une fan finie du fromage; je pourrais faire des milles à genoux pour un sac de fromage en grains tout frais…
Pour ma part, je ne supporte pas le soya, j’ai donc remplacé le lait par du lait d’amandes et du lait de riz, mais connais-tu par hasard une alternative au fromage?
Mon dieu, ça ne doit pas être facile … je ne connaîs pas encore tous les produits alternatifs. Comme tu ne supporte pas le soya, les alternatifs au fromage qui existes sur le marché ne seront pas une option pour toi. Regarde auprès de Crudessence, peut-être pourront-il t’aider à trouver des pistes de solution. Bonne chance !!
Oui, on peut trouver des recettes de fromages de noix sur la toile… sinon la levure alimentaire remplace bien le parmesan dans les tartinades à base de tofu ou les pesto maison. :)
Une super démarche que voilà! C’est chouette à lire!
C’est drôle, je pense beaucoup à toi ces temps-ci car je remplis mon congélateur. La cuisine végétalienne est siiiii savoureuse!!! C’est fou comment il faut s’écouter et y aller avec ce qui fonctionne pour nous. J’ai essayé à quelques reprises d’adopter une assiette végé (-tarienne, -talienne) mais contrairement à toi, mon corps réagissait pas trop bien ; dommage. Car c’est une vraie fête des sens et de l’imagination, le végétalisme!
Au moins, on peut tous piger dans le fabuleux répertoire végétalien, que ce soit à temps partiel ou à temps complet.
Je te souhaite une belle aventure!
Merci Mlle B, j’ai trouvé quelques recettes intéressantes sur crusinesante.com
Un super site avec des super recettes c’est La brute alimentation de Mariève. Ça donne le goût de s’y mettre même pour les carnivores
Merci Nathalie!