J’ai le plaisir de vous présenter Sonia. Je la côtoie sur Dailymile et la lis sur son blogue perso; En forme de femme. J’ai découvert une fille déterminée et inspirante qui a une discipline de fer (à mes yeux!). Elle a une merveilleuse plume qui me fait regarder mon google reader tous les jours dans l’espoir d’y trouver un de ses billets de blogue. Fait cocasse, elle a participé à son premier marathon en même temps que mon premier marathon; à Philadelphie en 2007. Et nos enfants n’ont que quelques mois de différences. Ça m’a fait sourire!
Bonne lecture et merci Sonia pour ton témoignage!
Nom: Sonia
Âge: 29 ans, mais pas pour longtemps.
Maman de: Alban, 2 ans
Cours depuis: 2000
Distance préférée: 10 Km (et plus).
Mantra: Qu’est-ce qu’un Km de plus? (à répéter aussi souvent que nécessaire).
Blogue: En forme de femme
Un nouveau départ à 18 ans
J’ai commencé à courir à 18 ans, alors que je vivais une peine d’amour. Un drame d’amour, en fait, puisque ce n’était pas seulement mon cœur qui s’était brisé, mais mes dernières illusions et toutes mes certitudes du même coup. Un soir, devant mon écran d’ordinateur, j’ai ressenti une telle vague de peine que je me suis précipitée dehors pour courir. Pour comprendre l’étrangeté de ce geste, il faut savoir que j’étais loin d’être une sportive. Asthmatique, j’ai passé une partie de mon enfance dans les hôpitaux et, fuyant les chats comme la peste (j’étais allergique, évidemment), je devais me reposer dès que mon souffle se faisait court. J’étais exemptée de certaines activités aux cours d’éducation physique, j’inhalais du Ventolin après avoir monté un étage et je me tenais loin de tout ce qui pouvait précipiter les battements de mon cœur. À l’école secondaire, j’ai pris du poids et vers l’âge de 16 ans, n’écoutant que le bon sens légendaire des adolescents, j’ai commencé à fumer. Je travaillais trop et je dormais trop peu, je m’alimentais mal et je buvais de la bière comme les jeunes savent si bien le faire.
Ma toute première course a été de 200 mètres, la distance exacte que j’ai pu parcourir avant de m’écrouler par terre et de déclencher une crise s’asthme. Pour une raison que j’ignore encore aujourd’hui, j’ai recommencé le lendemain. Et le surlendemain. Peut-être que je cherchais une manière de me punir, peut-être que j’avais inconsciemment décidé d’aller une fois pour toute au bout de ma plus grande faiblesse. Chose certaine, le résultat fut positif et durable : j’ai perdu 60 livres en 8 mois, j’ai trouvé un moyen constructif de surmonter mon chagrin d’amour (de même que tous les autres soucis qui viendraient par la suite) et je me suis découvert une nouvelle passion.
Un premier marathon
Courir un marathon n’a pas fait partie de mes plans avant l’été 2007. C’est Emilie, de I Came to Run, qui a eu cette idée. Nous faisions des études en France et puisque notre expérience n’était pas très positive et que nous cherchions un moyen de nous occuper, nous allions courir tous les jours. À cette époque, je courais déjà régulièrement depuis quelques années, mais je ne couvrais encore que de courtes distances. Je ne possédais pas une montre GPS et je ne suivais aucun plan. En fait, je n’avais même jamais participé à un événement organisé. Emilie a suggéré le marathon de Philadelphie et un plan d’entraînement; j’ai accepté l’un et l’autre, sans trop savoir dans quoi je m’embarquais.
Dès que j’ai compris ce que représentait concrètement un marathon, j’ai été terrorisée. Mais puisque j’aime terminer ce que j’ai commencé et que j’avais déjà dit à tout le monde que je courrais un marathon, l’orgueil a eu raison de moi. J’ai suivi le plan à la lettre, je me suis rendue à Philadelphie, j’ai récupéré ma toute première trousse de coureur, j’ai mangé des pâtes le samedi soir et un déjeuner de marathonien le dimanche matin, j’ai fait la file aux port-a-potty une fois sur le site de l’événement, j’ai pris des photos avec Emilie près de la statue de Rocky et au milieu de milliers d’autres coureurs, j’ai pris le départ du Marathon de Philadelphie.
J’étais nerveuse, excitée et assez confiante. Mon seul but était de terminer le marathon, ce que j’ai fait. Franchir le fil d’arrivée a changé ma vie. J’ai su, au moment précis où j’ai marqué la fin de près de 5 heures de course sans arrêt, que je pourrais faire tout ce que j’entreprendrais à l’avenir, que j’avais en moi une grande force à exploiter et qu’entre moi et mes objectifs ne se tiennent que des choix, du temps et du travail. Cet enseignement est au cœur de mon quotidien depuis ce jour.
Un bébé et une remise en forme
Après avoir participé au demi marathon d’Ottawa en mai 2008, j’ai commencé un entraînement pour le demi marathon de Montréal, qui a lieu chaque année à la fin du mois de septembre. J’ai eu le bonheur de tomber enceinte entre temps, ce qui m’a fait abandonner le projet. En réalité, j’ai dû délaisser la course durant toute ma grossesse et presque toute l’année où j’allaitais, parce que l’impact sur mes articulations relâchées me donnait mal aux genoux. J’ai trouvé cette restriction difficile, mais j’étais tellement occupée à mon nouveau rôle de mère que je ne l’ai pas vécue comme une grande épreuve. J’ai beaucoup marché, j’ai fait des DVD d’exercice à la maison et je me suis initiée au yoga.
Pour me remettre en forme et reprendre l’entraînement après ces 2 années, j’ai d’abord suivi le programme en ligne de Jilian Michaels. Je pouvais faire les routines à la maison, ce qui, avec un bébé et un mari souvent à l’extérieur, convenait parfaitement. J’ai ainsi fait la découverte de l’entraînement en circuits, que je pratique encore avec plaisir, et j’ai perdu ce qu’il me restait de « gras de bébé ». Progressivement, je me suis remise à la course. En septembre dernier, j’ai entrepris et complété avec mon mari le programme P90X, qui nous a mis tous les deux dans une forme exceptionnelle. Depuis janvier, j’ai repris un régime de course régulier et soutenu. Je serai au départ du demi marathon d’Ottawa le 29 mai et je compte m’entraîner pour un marathon l’an prochain.
Estime de soi
L’estime de soi est une quête de longue haleine. La course a semé plus d’un indice sur mon parcours et je lui dois beaucoup. Elle a introduit dans ma vie une certaine discipline et beaucoup de liberté; elle m’a obligée à penser à moi, à mieux me nourrir et à écouter mon corps; elle me rappelle souvent que je dois avoir confiance en mes capacités et aussi que je dois reconnaître mes limites; elle m’apporte vitalité, bien-être, gratitude et un véritable sentiment de puissance. Je crois sincèrement qu’elle a fait de moi une meilleure personne.
Prochain défi
J’aimerais un jour courir un demi marathon en moins de 2h10 et un marathon en 4h30. J’aimerais aussi faire une certification d’entraîneur personnel pour partager mon enthousiasme.
Conciliation
Réussir à s’entraîner sans négliger la vie de famille et le travail n’est pas une mince affaire. J’ai le privilège de travailler à la maison et donc de pouvoir faire la plupart de mes sorties de course lorsque je n’ai pas la responsabilité de mon fils. Cela signifie par contre que je dois souvent travailler durant la soirée. J’ai aussi la chance de vivre avec un homme pour qui le sport est une nécessité. Il comprend tout à fait l’importance de mon entraînement et travaille lui-même très fort pour atteindre ses objectifs. Nous partageons régulièrement des séances de musculation et de yoga. Nos horaires sont chargés, ce qui nécessite une bonne organisation et une gestion du temps serrée, mais nous y arrivons très bien. Notre babyjogger nous permet de faire des sorties qui seraient impossibles autrement et nous utilisons un calendrier électronique pour gérer nos horaires irréguliers. La communication est notre principal outil.
Un compromis qui n’est pas cher payé pour elle, afin de pouvoir s’entraîner
Pour faire ce qui est au programme d’entraînement, je ne recule devant rien : me lever aux petites heures, sortir le soir, aller au gym et surtout, surtout ne pas faire le ménage.
Ses sources de motivation
Le plan d’entraînement affiché sur mon frigo, l’objectif visé, Runner’s World, plusieurs blogues dont je fais la lecture régulièrement, la communauté de DailyMile, le désir de m’améliorer, le bien-être que je ressens une fois la course terminée.
Type d’entraînement préféré
J’aime la variété, ce qui fait que mon entraînement préféré est diversifié. J’aime les courses tempo revigorantes et les longues sorties méditatives, j’aime aussi le sentiment d’épuisement profondément sain des entraînements fractionnés. J’aime pratiquer le yoga régulièrement et, contrairement à beaucoup de coureurs, j’apprécie faire de la musculation dans une variété de styles. Un jour, j’aimerais apprendre à nager convenablement.
Tout est possible quand …
… on porte des chaussures de course.
En rafales
Athlète modèle: Terry Fox
Soulier à son pied: Asics Cumulus, une histoire d’amour qui dure depuis plus de 10 ans.
Rituel pré entraînement: High knees, butt kicks, hacky sack kicks, shoulder rolls, shakers.
Endroit préféré pour courir: près de l’eau.
Pensée du jour: « Scars have the strange power to remind us that our past is real. » Cormac McCarthy, All the Pretty Horses
C’est toujours intéressant d’en apprendre un peu plus sur les gens. Merci de cette générosité.
Je serai au marathon le 29 mai, on va peut-être se croiser. Bonne continuité dans ta préparation.
Quel beau portrait! Il me semble que toutes les (mes) bonnes raisons de courir s’y trouvent.
Merci pour ce portrait super inspirant!
J’adore sa devise ;-)
J’vais porter mes souliers de course plus souvent!
C’est très sympa ces portraits que tu nous proposes.
J’aime lire les aventures d’autres coureurs : comment ils ont commencé à courir ? Pourquoi ? Depuis quand ?
On découvre alors des parcours complètement différents du nôtre, mais au final une même volonté et une même richesse : la passion de courir.
C’est tellement l’fun d’en apprendre un peu plus sur des gens qu’on côtoie quotidiennement sur Dailymile!!! (Sylvie, c’est ce que tu nous permet).
Sonia, ton histoire me rejoint sur plusieurs plans! Bravo et bonne chance pour la suite!!!!!!!!!!!!