Portrait de Marie-Josée – une maman marathonienne mordue par la distance

Lorsque j’ai monté ma levée de fond pour La Fondation de l’Hôpital de Montréal pour enfants 11 jours avant le marathon de NY, la directrice des dons planifiés de cette cause, Marie-Josée, m’a écrit pour me remercier. Elle m’a alors offert d’écrire sur mon blogue, à mon grand bonheur.

Avec le texte qui suit, j’ai découvert une femme motivante qui, un fois qu’elle a commencé à courir il y a cinq ans, n’a juste plus jamais regardé en arrière. Cinq fois marathonienne, elle a couru Boston et n’a que du positif devant elle. Inspirante!

Bonne lecture :-)

Nom: Marie-Josée Gariépy
Âge: 45
Maman de Elliot (12 ans), Victor (10 ans) et Fiona (7 ans)
Cours depuis mars 2005
Entraîneur: Dorys Langlois (Club de course MAA)
Distance préférée: « the longer the better »
Les personal best (en date de novembre 2010)
5 km: 22 :50
10 km: 47 :39
21.1 km: 1 :46 :38
42.2 km: 3 :48 :26

Classique du Parc Lafontaine

La course à pied
Je suis tombée dans la potion magique sur le tard. L’homme de ma vie, Robert, depuis 18 ans a toujours couru. Je soupçonne même qu’il ait appris à courir avant de marcher… Année après année, je l’attendais à la ligne d’arrivée de ses marathons et j’éprouvais beaucoup de fierté. Mais en même temps, je trouvais la distance bien intimidante et me disais qu’il fallait être un peu dérangé pour s’exposer à tant de souffrance…

À l’aube de mes 40 ans, trois beaux enfants en santé plus tard, je me suis dit qu’il faudrait bien commencer à bouger. A noter que je n’étais pas du tout sportive… J’avais réussi à aller au gym entre chacune de mes grossesses pour faire semblant de prendre soin de moi, mais fondamentalement, je n’aimais pas ça.

Et puis un jour, je vois une annonce dans La Presse pour une clinique de course du Running Room. Distance affichée : 10 km. Ça tombe bien, dans trois mois, il y a une course de 10 km au bénéfice de la Fondation de l’Hôpital de Montréal pour enfants, où je travaille. J’embarque donc dans un groupe dynamique sous la direction de Linda Eden, dont la fille a été traitée pour un cancer au Children quelques années auparavant. Et je n’ai jamais arrêté de courir depuis!

1 million de km pour 1 million de $
1 million de km pour 1 million de $, c’est le pari audacieux que nous avons entrepris à la Fondation de l’Hôpital de Montréal pour enfants afin de motiver les gens, jeunes et moins jeunes, à bouger pour une bonne cause. Un de nos bénévoles coureur de marathon, Eric Birenbaum, nous est arrivé avec ce concept il y a maintenant un an et nous avons travaillé sans relâche à le développer pendant plusieurs mois. L’un de nos donateurs coureurs de marathons (décidemment!), Leonard Schlemm, a aussi cru au projet et a accepté que le Club athlétique Mansfield, dont il est propriétaire, devienne commanditaire.

Les athlètes olympiques Alexandre Bilodeau, Jennifer Heil et Joannie Rochette croient aussi au projet et nous appuient dans notre initiative.
Visitez le www.1millionkm.com et aidez nos jeunes patients tout en vous rendant service! L’exercice, c’est essentiel!

5 fois marathonienne
Lorsque j’ai commencé à courir, j’ai su très vite que la distance, c’était pour moi. À peine quatre mois après avoir commencé à courir, je participais au demi-marathon de San Francisco… C’était le cadeau que mon amour m’avait offert pour mes 40 ans! Et quel cadeau! Un mois et demi plus tard, je courais un second demi-marathon, celui de Montréal et diminuais mon temps de 2 :13 à 2 :00.

Je me suis alors dit que la prochaine étape, c’était le marathon. Allons-y pour Ottawa 2006. Je me suis entraînée tout l’hiver, pour finir par me blesser à peine 6 semaines avant le marathon. Et ma blessure m’a empêchée de courir pendant presque 7 semaines… c’était du sérieux. J’étais très déçue, mais ce n’était que partie remise.

L’année suivante, je courais mon premier marathon à Ottawa, et contre toute attente, réussissait à le terminer en bas de 4 :00!! En fait, 3 :58 exactement. Je n’en revenais pas! J’étais mordue pour la vie!

Depuis 2007, j’ai maintenu un rythme de un marathon par année, à l’exception de cette année (2). J’ai donc couru Ottawa de nouveau en 2008, mais je me suis blessée de nouveau au cours de mon entraînement, ce qui est venu me hanter à partir du km 18…et ce jusqu’à la toute fin. Aouch. En terminant Ottawa dans la douleur cette année-là, je me suis dit qu’il devait y avoir une meilleure façon de s’entraîner de manière à éviter les blessures. Une amie m’a alors conseillé d’approcher Dorys Langlois pour m’entraîner. Ce fut une révélation. Dorys mérite que je lui consacre un paragraphe complet, qui suivra plus loin.

J’ai ensuite couru Mississauga en 2009 avec l’objectif de me qualifier pour Boston. C’est ce que j’ai réussi en 3 :48. J’ai couru Boston cette année, en 2010, et l’expérience m’a laissée sur ma faim (voir plus loin). Et enfin, mon dernier marathon est celui de Chicago, le 10 octobre dernier (eh oui, le 10 du 10 du 10). Il faisait près de 30 degrés, ce qui m’a forcée à réviser mes objectifs à la baisse et d’abandonner l’idée d’un « personal best ». Je voulais par contre au moins ma qualifier pour Boston, ce que j’ai réussi à faire avec un temps de 3 :57.

Boston
AAhhh, Boston! L’objectif ultime de tant de marathoniens, qu’on se l’avoue ou pas! J’ai commencé à penser à Boston dès mon premier marathon, car j’étais alors à 7 minutes d’une qualification. Pourquoi ne pas rêver? La qualification est arrivée au troisième marathon, et je vais chérir ce souvenir pour le reste de mes jours. Quelle émotion! Quand on est à 39 km, qu’on a hâte de finir, que chaque pas est un effort pour garder son pace, et qu’on réalise que, si tout va bien, on terminera dans le temps voulu, ça donne des ailes. Je me souviens d’avoir sauté comme une folle sur le tapis à la ligne d’arrivée tellement j’étais heureuse! En plus, j’avais beaucoup de pression car mon mari tentait de se qualifier pour Boston aussi et qu’il court plus vite que moi. Je voulais absolument célébrer avec lui!

Il m’attendait à la ligne d’arrivée, qualifié lui aussi! Je chérirai ce moment pendant longtemps.
Mon entraînement pour le marathon de Boston a été sur des roulettes. Je suis arrivée très confiante (trop confiante??)à Boston en avril dernier. Le jour du marathon, j’ai commis quelques erreurs de débutante (mauvaise planification de l’alimentation et de l’hydratation) qui m’ont causé bien des problèmes pendant le marathon. J’ai couru sur un nuage jusqu’au mile 17, et lorsque je suis arrivée dans les Newton Hills, j’ai crashé majestueusement. Plus de gaz. Des nausées. Et la foule, si sympathique jusque là, agressante!! Quelle expérience. Mais je prendrai ma revanche en 2012! Car l’an prochain, en 2011, c’est Robert qui court Boston.

Boston

Son coach
Il faut que je souligne la chance que j’ai de m’entraîner avec Dorys Langlois. Dorys est le coureur et coach le plus passionné au monde! Grâce à lui, je peux dire que je cours sans douleur (ou presque) depuis plus de deux ans et demi. Il m’a vraiment amenée à un autre niveau, tout en minimisant le risque de blessures. Il a corrigé ma technique et me fais courir selon les bons paces (par rapport à mon profil), ce qui est fondamental. Dorys est très expérimenté, et il connaît la course à pied mieux que quiconque. Parfois, j’ai même l’impression qu’il connaît ses coureurs mieux que nous-mêmes! Dorys, merci pour tout.

Conciliation
La conciliation famille-travail-course à pied est loin d’être facile. D’autant plus que nous sommes deux à gruger de l’asphalte! Voici à quoi ressemble une semaine typique : mon mari court tôt le matin (vers 5h30), je cours le midi (2 à 3 midis par semaine), nous faisons garder les enfants le mardi de 5 à 7 pour aller à la piste de McGill avec le Club de course du MAA, et nous courons les samedis et dimanches, d’habitude tôt le matin. Lorsque nous sommes en entraînement de marathons, nous essayons de faire garder les enfants le samedi matin pour courir avec nos partenaires d’entraînement les deux en même temps. Mais en général, nous tentons de courir des marathons différents. Quand je suis prise les midis, on fait un double horaire le matin ou encore tard le soir, une fois les enfants couchés.

Les enfants sont très actifs physiquement. Ils aiment tous la course à pied (ainsi que d’autres sports) et je suis convaincue qu’un jour, dans un avenir plus rapproché qu’on pense, nous pourrons tous courir ensemble!

Je pense que l’entraînement de marathon est à la portée de tous, même les gens les plus occupés. Je connais des coureurs présidents de grosses entreprises qui consacrent du temps à chaque année à l’entraînement de marathon. C’est faisable, mais à la condition de vouloir le faire! Car pour pouvoir franchir le seuil de la ligne d’arrivée, il faut d’abord réussi à franchir le seuil de sa porte! Et sans volonté, ça ne durera pas.

Moment le plus mémorable
Sans aucune hésitation quand je me suis qualifiée pour le marathon de Boston à Mississauga en 2009. Quel feeling!

Sa plus grande source d’inspiration
Ma plus grande source d’inspiration, ce sont mon mari et mes trois enfants. Ils sont tellement fiers de me voir courir que ça m’encourage à continuer. Je me rappelle du jour en avril dernier, peu après le marathon de Boston, où la professeur de ma fille de 7 ans m’a approchée timidement pour me dire comment elle était impressionnée que j’aie couru le marathon de Boston. Fiona lui avait tout raconté! On ne réalise pas qu’en étant inspiré soi-même, on en inspire d’autres…

Les trois beaux enfants de Marie-Josée!

Type d’entraînement préféré
Je suis une coureuse hyper endurante, comme se plait à me rappeler mon coach. Mon entraînement préféré est de loin la longue sortie. J’aime perdre notion du temps quand je cours, surtout quand je suis en bonne compagnie. Je cours rarement seule pendant ces longues sorties. J’ai la chance de m’entraîner avec une très belle gang de coureurs. Olga, Arlette, Ekaterine, Josée, Marylène, Anne-Sophie, Élise, Mélanie, Lorri, Sonia, merci d’être là!

Prochain objectif
Boston 2012. Déjà qualifiée à Chicago 2010. En autant qu’ils ne changent pas les temps de qualification d’ici là. Vous l’avez sûrement entendu, Boston 2011 s’est rempli en 8 heures cette année. Incroyable. Les règles vont certainement être resserrées.
D’ici là, je ferai des courses de 5 km pour améliorer ma vitesse et probablement deux demi-marathons en 2011 (je me suis inscrite à la loterie pour le demi de NYC le 20 mars prochain). Je veux passer sous les 22 minutes au 5 km et sous les 1 :42 au demi-marathon. Et sous les 3 :45 au prochain marathon!

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6 Responses to “Portrait de Marie-Josée – une maman marathonienne mordue par la distance”

  1. Caroline 11. Nov, 2010 at 15:06 #

    Encore un magnifique témoignage!!
    Une immense dose d’énergie ressort de cette histoire très inspirante et motivante.
    Entièrement d’accord avec Marie-Josée… oui, ça prend de la volonté (et des sacrifices selon moi) mais c’est possible!!!
    Bravo!

  2. Mélanie 12. Nov, 2010 at 10:30 #

    Bravo Marie-Josée pour ce beau parcours qui ne fait que commencer!!! J’espère que nous aurons la chance de manger de l’asphalte ensemble dans les prochains mois puisque c’est à mon tour d’aller tenter ma chance à Boston. J’aurai besoin de tes conseils!

    Vous êtes une inspiration au niveau capacité à vous entraîner avec les enfants et le boulot. On voit qu’il faut juste vouloir, mais surtout garder en tête que nous faisons cela pour le plaisir.

    Gros bisous et à bientôt!

    Mel

  3. WhoWantsToDust 15. Nov, 2010 at 05:59 #

    Beau portrait. Félicitations. Ton énergie est contagieuse. Moi aussi je suis tombée dans la potion magique sur le tard (coureuse depuis 1 an) et me découvre un peu plus à chaque jour. Pour l’instant je me donne le titre de “Wanna Be half-marathonienne”. Belle famille.

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