J’ai rencontré Madeleine dans un autobus!!! Oui oui, hihi :-)
Et cette rencontre m’a marqué. Elle a eu la gentillesse de venir se présenter lorsqu’elle m’a reconnu. Nouvelle lectrice de mon blogue mais surtout, nous sommes membre du même club de course à pied. Elle écrit elle aussi un blogue avec une de ses amies. Et sa plume est merveilleuse. Maman de 4 beaux enfants, elle travaille à temps plein et cours des demi marathon.
Je vous présente ma collègue Vainqueurs!
Bonne lecture :-)
Groupe d’âge: 35-39 ans
Maman de 4 enfants âgés de 9, 6, 4 et 2 ans.
Cours depuis: J’ai commencé à courir au début de la vingtaine (il y a donc environ 13 ou 14 ans) sans objectifs ni plan précis, mais j’étais assidue. J’ai ensuite plus ou moins arrêté de courir pendant que j’ai eu des enfants (soit pendant presque 8 ans!) pour le reprendre 4 mois après la naissance de mon petit dernier cette fois avec un plan et des objectifs précis.
Club: Les Vainqueurs
Distance préférée: J’aime beaucoup la variété alors tous les défis me plaisent. J’ai un faible pour le 10km puisque je commence à avoir de l’expérience sur cette distance, mais je suis certaine que j’aurai autant de plaisir lorsque j’aurai plus d’expérience dans les distances plus longues.
Les personal best:
5km: 27 :22
10km: 55 :46
21.1km: 2 :05 :26
Blogue: Maman, j’ai faim!
Elle a choisi la course à pied car
La course à pied, c’est ce qu’il y a de plus facile pour une mère occupée comme moi! Ça s’adapte parfaitement à mes horaires chargés. Avec mon travail à temps plein et mes autres projets, les tâches quotidiennes, les activités des enfants et celles de mon conjoint, ça reste facile d’enfiler des souliers de course et de partir. Je moule mes entraînements à notre rythme de vie.
C’est simple courir, surtout pour moi qui ne suis pas du tout « gadget ». Je suis contente que ça se résume à une paire de souliers, des vêtements confortables et une montre chrono, même si plusieurs coureurs aiment être plus équipés. Je suis du genre à courir trop longtemps avec les mêmes souliers, ça m’est égal. Je ne suis pas très sensible au marketing sportif. J’ai une montre avec plusieurs options mais je n’utilise que le chrono et je commence à peine à utiliser les « splits » pendant mes courses. Je cours sans musique, sans Nike+… avec des chaussettes en coton ordinaire. Je cours même souvent sans montre quand je n’ai pas d’intervalles à faire. Je ne traîne pas de gourdes et je planifie mes trajets en fonction des fontaines, même que ça me désespère de penser qu’il faudrait que je m’achète un sac d’hydratation pour faire des longues sorties pendant mes vacances, par exemple. J’aime beaucoup le côté « anti-équipement » de la course.
Courir pour moi, c’est aussi du temps entre amies. Je m’entraîne régulièrement avec une amie, mère elle aussi de quatre enfants. Comme on s’entraîne habituellement pour les mêmes événements et à peu près au même rythme (quoiqu’elle soit rendue plus rapide que moi maintenant!) on essaie de faire concorder nos entraînements. Nos sorties, on les appelle nos thérapies par la course. On discute tout le long, on règle de problèmes familiaux, on se pousse, on rêve de nos prochains records personnels. C’est vraiment agréable et une excellente motivation.Courir, c’est aussi un entraînement très efficace : on fait beaucoup en peu de temps. Toutes les parties du corps sont impliquées (Oui, oui! Même les bras). Depuis quelques mois, j’essaie de travailler sur ma forme quand je cours et je remarque que ma posture s’améliore dans le quotidien. Et puis, ça vous fait des jambes d’enfer et un beau ventre (presque) plat. C’est important pour moi de me sentir bien dans ma peau et je suis fière de dire que si j’ai retrouvé ma silhouette après mes grossesses, c’est en courant 3 à 4 heures par semaine.
Au-delà de ces aspects pratiques, j’aime courir, depuis le tout premier jour, et de plus en plus. Quand je cours, je me sens libre, forte, maître de mon temps et de ma vie. C’est relaxant et ludique. Quand je fais un intervalle rapide, j’ai l’impression d’être une enfant.
Meilleur repas post longue sortie
Mon Dieu! I wish! C’est ça le plus difficile : trouver du temps pour récupérer après une course.
Habituellement, je fais ma longue course le dimanche. Je pars avant que les enfants se lèvent. Quand je reviens, il y a le déjeuner à faire, puis la cuisine à ramasser, puis le bébé à habiller, et puis après, les enfants veulent faire des activités. Pour éviter de me déshydrater et pour bien faire le plein, je transporte une gourde d’eau avec moi et je mange « on the go », des fruits, des noix, etc., au fil de la journée. Bien souvent c’est seulement le soir que j’ai du temps pour m’étirer et relaxer. C’est la raison principale qui m’empêche de faire un marathon pour l’instant. Je vais attendre qu’ils soient plus vieux… et qu’ils se lèvent plus tard… et qu’ils n’aient plus envie de rien faire le jour!
C’est d’ailleurs pour ça que j’aime tellement courir le soir. Quand je rentre, il n’y a personne dont les besoins doivent être comblés. Je peux prendre une longue douche et m’étirer en paix devant la télé avant d’aller me coucher. C’est un vrai bonheur de finir ma journée de cette façon. J’aime aussi beaucoup ma soirée au Club des Vainqueurs pour cette raison. J’ai écrit un billet à ce sujet sur mon blogue.
Dans la catégorie gestion du temps, elle est experte à
Étonnamment, je ne suis pas une personne très organisée! Ça ne vient pas tout seul! Mon homme pourrait vous le confirmer, d’ailleurs. Par contre, j’ai beaucoup de discipline et je fonctionne à mon meilleur quand j’ai des obligations et que j’ai à gérer des objectifs précis et à court/moyen terme.
Avec le temps, je me suis rendue compte que j’avais beaucoup besoin d’être stimulée. J’ai aussi compris que c’était pour ça, en fait, que j’avais eu tous ces enfants. J’ai besoin que ça bouge autour de moi, d’avoir des projets. J’ai besoin que tout ait un sens, de me sentir vivante à chaque instant. Plus mon horaire est structuré, plus je suis calme. Il faut par contre que je fasse attention puisque je ne suis jamais très loin de « l’overbooking »!
Je ne suis pas extraordinairement organisée, mais il y a une chose que je fais très bien : gérer ma cuisine! Je fais une très grosse épicerie une fois par deux semaines, tôt le samedi matin et avec une liste pour que ça prenne le moins de temps possible. Juste en faisant ça, je me sauve beaucoup de temps et d’énergie. J’utilise à fond tous les outils à ma disposition : le robot culinaire pour hacher les légumes qui vont dans la sauce à spagh, mon four programmable qui cuit les repas pendant que je suis au parc avec les enfants. Je n’ai pas de plan repas fixe (je ne suis pas très bonne pour respecter les plans, sauf les plans d’entraînement!) mais je sais toujours ce que je vais cuisiner un ou deux jours à l’avance. Disons qu’avec quatre enfants et presque dix ans de conciliation travail/famille derrière la cravate, je commence à avoir de l’expérience!
Si je ne fais pas beaucoup de ménage, je ne procrastine pas. S’il y a quelque chose à faire (laver du linge, laver le plancher) je le fais dès que j’ai une minute et si je n’ai pas de temps, j’arrête d’y penser. S’énerver avec les tâches quotidiennes non accomplies, c’est ce qui gruge le plus d’énergie.
Pour gérer notre quotidien chargé, j’utilise un calendrier sur l’ordinateur. Mon homme et moi y inscrivons toutes les activités prévues. On essaie aussi de se parler de ce qui doit être fait dans le respect des compétences et des dossiers de chacun! Pour le reste, j’ai un peu de flexibilité dans mon horaire de travail et un conjoint prend en charge au moins la moitié des responsabilités familiales. Puisque nous avons chacun nos activités sportives (moi la course, lui le hockey) nous sommes assez indulgents l’un envers l’autre.
Mais, y’a pas à dire! Chez nous, ça roule à 100 milles à l’heure!
Prochain objectif
C’est clair que j’aimerais faire un marathon bientôt. Pour l’instant, par contre, ça ne rentre tout simplement pas dans l’horaire. Je pense toutefois faire un triathlon sprint. Je suis une bonne nageuse et je fais du vélo régulièrement, alors je sais que j’en serais capable. Je viens d’ailleurs de m’inscrire dans un club de maîtres. Ce qui me bloque du triathlon… c’est le côté « gadget »! J’ai un vieux vélo et je n’ai aucun désir d’investir là-dedans. Tout l’aspect logistique des zones de transition, le transport d’équipement, tout ça, ça me rebute. Mais ça semble tellement, tellement l’fun comme expérience! J’ai nagé dans des lacs cet été et ça m’a emballée. Je sais que je vais aimer ça. Mon homme aussi d’ailleurs, qui me trouve un peu fatigante avec mes nouveaux projets! On verra bien. Je ne me mets aucune pression.
Mes enfants commencent à prendre conscience de ma « vie de coureuse ». Ils sont venus m’encourager à mon dernier demi-marathon. Ils m’attendaient avec mon homme au 11e kilomètre. Je me suis arrêtée pour les embrasser et j’ai trouvé que c’était 20 secondes très bien investies. Après les avoir vus, je volais! Peut-être trop d’ailleurs puisque j’ai fait un kilomètre à 5 :25 alors que j’aurais dû être à 5 :45 au maximum à ce moment-là!
Ma fille de six ans vient de commencer le club de course. Comme on vit entourées de garçons à la maison, on dit que c’est notre soirée de filles! Je suis contente de partager ça avec elle. On a couru le 1km de la Classique du Parc Lafontaine l’année dernière et on le refait cette année. Elle est vite la p’tite!
Mais à vrai dire, je ne tiens pas plus qu’il faut à ce que mes enfants se préoccupent de mes courses pour l’instant. Quand j’ai commencé, je fantasmais de les voir au fil d’arrivée, de m’élancer vers eux, d’être inspirée par leur présence, mais ce n’est jamais comme ça que ça se passe! 3 secondes après m’avoir vue, et même si je vois dans leurs yeux qu’ils sont fiers de moi, je redeviens leur mère qui pare à leurs mille et un besoins. Et puis, je n’ai pas envie de ça après une course, qu’elle ait été facile ou difficile. J’ai besoin de décompresser, de savourer ou de passer ma frustration. Mes enfants sont ma priorité, ils sont ma vie. Alors quand ils sont là, toute mon attention va vers eux. Bref, la course est une activité très égoïste et c’est plus facile d’être égoïste s’ils ne sont pas là!
Un compromis qui n’est pas cher payé pour elle, afin de pouvoir courir
Ne pas faire plus de ménage qu’il n’en faut!
Sa plus belle course à vie fut
J’ai beaucoup aimé mon demi-marathon le 5 septembre dernier, mais ma plus belle course reste la Classique du Parc Lafontaine en 2009. Ça faisait exactement un an que j’avais repris la course. Je savais que j’étais capable de passer sous la barre des 56 minutes. J’étais bien entraînée, je commençais à bien maîtriser mes rythmes et c’était ma troisième expérience sur cette distance.
Pour réussir mon temps, je savais que je devais maintenir une vitesse de 5 :35 mais je voulais que mon dernier kilomètre soit mon plus rapide. Je suis partie à 6’. Puis j’ai accéléré. Je me suis laissée aller, j’y allais au feeling, je manquais tous les marqueurs de toutes façons! Je me sentais bien. Ma famille était là pour m’encourager. Il faisait frais et j’étais parfaitement bien habillée avec des pantalons trois quarts et un gilet à manche longue, alors qu’avant j’avais tendance à trop m’habiller.
La Classique, c’est 2 ½ fois le tour du Parc Lafontaine. Si bien que les plus rapides nous croisent dans le deuxième tour. J’adore ça! Voir les gazelles gambader, me dépasser à vive allure, c’est vraiment inspirant. Pendant mon deuxième tour, j’ai vu Myriam Grenon qui finissait sa course. Elle est passée à côté de moi, à toute vitesse, et des bénévoles criaient : C’est la première femme! Ça m’a donné des ailes. (Myriam Grenon, qui est dans le club des Vainqueurs, est elle aussi mère de 4 enfants. Ceux qui connaissent bien le circuit provincial savent qu’à 42 ans, elle est imbattable.)
Vers le 8e kilomètre, j’ai regardé mon chrono : 45 minutes! J’avais encore beaucoup d’énergie et je savais que j’allais arriver à atteindre mon objectif. J’ai foncé dans les deux derniers kilomètres. J’ai tout donné et j’ai terminé en sprint sur les 500 derniers mètres, dans la joie et l’allégresse! Au chrono officiel, 55 :59! Mais je sais que je l’ai fait en 55 :45 (à la Classique, il n’y a pas de tapis de départ, donc pas de temps réel). J’étais fière! Et j’ai très hâte au mois d’octobre pour refaire cette épreuve avec un objectif de moins de 54 minutes cette fois.



Bravo Madeleine!
C’est super de voir des mères avec de grosses familles continuer de courir. Cela me permet de continuer à rêver à ma famille de 5 enfants, tout en continuant de courir.
Tu m’as aussi donné envie d’allé voir s’il y a un club près de chez moi. Et finalement je ne suis plus si pressée de sortir ma nouvelle montre de sa boîte (elle y est depuis juin..!).
Je porterai une attention spécial à la Classique, je devrais courir juste derrière toi avec ma bedaine de femme enceinte ;)
Karine
Contente de t’inspirer Karine! Oui, c’est important de savoir que c’est possible de concilier plusieurs choses en même temps. Il faut seulement faire certains choix. Je ne dis pas que c’est facile tous les jours, mais c’est certain que ça vaut la peine. Je vais essayer de te reconnaître à la Classique! Et comme tu vois, par l’intro qu’a fait Sylvie, j’ai pas trop de mal à me présenter à des étrangers! Haha!
Oh! Que oui .. Bravo! Ton portrait m’a fait sourir à plus d’un passage. Et celui-ci particulièrement: *Ne pas faire plus de ménage qu’il n’en faut!* d’où je tire mon pseudonyme, WhoWantsToDust. Ha! Ha! Ha! Bonne course!
Merci pour cette autre entrevue inspirante !
Je vais y être cette année pour la première fois au Classique alors je vais probablement croiser Madeleine :-) !
Au plaisir de t’y voir! C’est ma course préférée du circuit. Et la saison idéale pour faire des PB!