Portrait de Caroline – l’art de se relever

Rencontré sur Twitter, cette Caroline a de l’énergie à revendre. Et son histoire est des plus inspirantes. Merci Caroline de nous livrer ton témoignage!
Bonne lecture :-)

Caroline en entraînement

Nom: Caroline Grandbastien
Âge: 37 ans
Maman de 3 beaux garçons; 9ans, 6ans et 2 1/2ans
Cours depuis que je sais me tenir debout (rire)
Distance préférée: 10km
Les personal best
5km en 22 minutes
10km en 48 minutes

Blogue: Karo Créations
Twitter: @Karocreations

Mantra: d’une fable de la Fontaine : rien ne sert de courir il faut partir a point…

Avant d’avoir des enfants, elle a couru toute sa vie!
Ma grand-mère me disait toujours, toi tu n’as pas marché a 4 pattes, tu as rampé puis debout, et hop tu as couru. Et tu cours encore. À la maternelle je jouais au loup avec les garçons et ils n’arrivaient jamais à m’attraper, j’étais trop rapide! Adolescente je courais tellement vite qu’a l’école les professeurs m’avaient surnommé la flèche !

Un accident qui change tout
Il y a environ 15 ans une vilaine chute en escalade a rompu mes ligaments externes de la cheville droite. J’étais supposée boiter a vie. Mais grâce a un très bon suivi et à ma tête de cochon, j’ai pu recourir une bonne année après la chute. Merci à la médecine sportive! Il faut dire aussi que je marchais ¾ d’heure aller/retour à tous les jours pour me rendre jusqu’à la faculté de droit avec mes béquilles!

Jusqu’à la naissance de mon fils aîné, en 2001 je courais 2 fois par semaine et je participais chaque année au 5km contre le cancer du sein.
Mais après l’épisiotomie, courir m’était impossible, trop de fuite, trop gênant! J’ai alors fait de la marche à pied, en poussette et de la natation après mes deux autres grossesses! Je ne suis pas du genre sédentaire.

Il y a deux ans, j’ai eu un très grave accident (un AVC) qui m’a fait réfléchir sur le sens de la vie. J’ai été terriblement anéanti. Je pensais ne jamais me relever, les séquelles étaient trop présentes. Ma vue était voilée. Je n’avais plus le goût de rien faire… Le verdict était impitoyable: Deux de pique! C’est une fois de plus la course qui m’a relevé. Comme si une petite voix en moi me demandait de me relever et de courir! Lors de mes nombreux examens de suivi, un cardiologue m’a venté les bienfaits de la course pour l’organisme, puis quelques temps après mon médecin de famille me ventait les bienfaits de l’endorphine pour mon corps, puis mon psy … . Bref tout le monde s’entendait sur le fait que ce type d’entraînement était bénéfique. Mais comment courir quand on est en petite forme et qu’on a un périnée paresseux. Je gardais le peu d’énergie que j’avais pour ma famille. Lorsque je regardais un an en arrière de moi, le simple fait de me rendre jusqu’à la boite au lettre je faisais la sieste pendant 2 heures! J’ai commencé un pas à la fois, puis un est devenu des petits pas, puis je me suis mise à aimer ça, comme si je ne m’étais jamais arrêtée de courir. Je me suis mise à faire travailler mon périnée, puis avec l’aide des couches de femmes, je me suis remise a courir! Allez expliquer à vos enfants que maman porte des couches! En un mois, j’étais passée de un entraînement de 20 minutes à trois entraînements de 30 minutes! Je cours plus sérieusement donc depuis avril 2010 et de 3 à 4 fois par semaine. Je devais me prouver que j’étais capable de courir, de redevenir en forme.

Je me suis équipée en chaussures (3 paires avant de trouver la bonne!) et me suis remise à l’entraînement. Je ne sais pas si c’est un hasard ou de la détermination, mais depuis le mois de mai, ma vue va très bien, sauf de nuit! Je me sens bien et j’ai grand espoir de retrouver toute ma tête !

Sa plus belle course à vie fut
10 km de Montréal le 5 septembre 2010 !
Se fut un moment magique, surtout l’arrivée dans le stade Olympique, quand on se dit qu’on la fait ! Quelle euphorie !
Je me souviendrai toujours de ce sprint final, ce regain d’énergie en toute fin de course quand avant d’entamer le dernier virage qui mène au stade, les spectateurs te disent: « bravo tu as presque fini! ». Je ne sais pas trop qu’elle est la force qui nous envahie, mais les jambes se mettent à sprinter, j’étais presque admirative devant mes pieds, qui enchaînaient les pas!

J’avais un net sourire sur le visage et je me sentais heureuse ! J’y étais, enfin !
J’ai commencé en douceur, il y avait beaucoup de monde devant moi, mais j’ai très vite acquis mon rythme de croisière grâce à l’énergie positive dégagée par tous les coureurs. Quel plaisir, quelle ambiance dans les rues de Montréal. Certains riverains sont sortis encore en pyjama pour nous saluer, il y avait des banderoles d’encouragement sur les cotés. Je me sentais vraiment supportée! Certains sont des pros, d’autres des habitués du marathon, d’autres encore des novices comme moi qui avaient décidé de relever le défi! Pour moi, il était important que je me prouve que la vie continue après un AVC et que l’on peut vivre parfaitement bien, sans la crainte qu’un vaisseau ne lâche encore. Mon objectif pour ce 10km était de le courir en 50 minutes. Évidement, le faire en 1 heure ou même le finir aurait été parfait.

Tout au long du parcours, j’ai tenté de profiter au maximum de cet état de joie, de cette ambiance particulière, des odeurs dans les rues, du petit vent qui nous ralentissait un peu, du soleil sur ma peau, des encouragements des supporters, des autres coureurs qui se parlaient entre eux. J’ai couru avec des hommes qui avaient à peu près le même rythme que moi. Au 4ième km j’étais à 20 minutes, le rythme était bon, je devais garder la cadence, je doublais beaucoup de coureurs, sans trop forcer. Je ne me suis jamais sentie aussi en forme. J’avais l’impression de voler, drôle de sensation. Au 8ième km, j’avais 39 minutes au chrono, je tiens bon, je devrais atteindre mon objectif. Je suis tellement contente. Tellement contente que je me déconcentre et manque de justesse de me jeter sur une barrière. Merci monsieur sécurité! À partir de ce moment là ce sont mes jambes qui m’ont guidées. Je les suivais bêtement. Autour de moi un monsieur donnait des conseils a ses coureurs, probablement qu’ils s’étaient entraînés ensemble. À ce moment précis je savais que ça descendait jusqu’au stade Olympique.

Quelle impression fantastique! Le stade ne m’a jamais paru aussi beau. L’émotion commençait à me gagner, dans quelques minutes j’allais faire mon entrée dans le stade, telle une championne! Lors de l’ultime tour dans le stade Olympique, ma vision se brouillait, des larmes de joie que je retenais … cette sensation d’une première participation, était vraiment extraordinaire. Je continue toujours à sprinter, je suis capable de gagner peut être une minute! Je franchis la ligne d’arrivée en un peu plus de 54 minutes, je suis super contente d’être arrivée! J’étais même assez en forme pour faire un grand sourire à la ligne d’arrivée. J’attrape sur mon passage une bouteille d’eau et je me presse de prendre ma petite pilule préventive. Ensuite ça va super vite on nous accueille, nous donne a manger et grâce au cellulaire d’une coureuse je peux retrouver ma petite famille dans le stade. J’apprends qu’il faut que je retire 5-6 minutes à mon temps car j’ai franchi la ligne de départ plus tard. En quittant le stade, j’apprends que je n’ai pas fais le 10km en 50 minutes mais en 48 minutes, 40 secondes et 4 centième! Je suis trop contente j’ai battu mon record personnel de 2 minutes! WOW!!!!!

Son plus bel entraînement à vie fut
Ceux de juin à septembre 2010, alors que je ne savais pas si j’allais avoir le droit de courir. Je m’entraînais au cas où. Je n’ai eu le go qu’en juillet ! Ça rend l’entraînement magique. J’ai adore les petits déjeuner que je me faisais ensuite … jus maison, gaufres, yaourt …

La course à pied lui apporte …
De la bonne humeur! C’est un sentiment que seuls les coureurs peuvent comprendre, mais après avoir couru on se sent envahie par une vague de bien être intense. La course à pied c’est mon moment a moi, je m’évade et je reviens encore plus forte, même fatiguée, on dirait qu’il me reste toujours un peu d’énergie pour courir…

Son type d’entraînement préféré
Je suis l’entraînement du semi-marathon, comme ça je suis toujours prête pour courir un 10km ! J’aime courir les courtes distances, car j’aime courir vite et je ne sais pas trop si je pourrais courir vite une très longue distance.

Meilleur moment de la journée pour courir
C’est définitivement le matin après un grand verre d’eau!

Plus bel endroit pour courir
La forêt! Surtout en automne, le bruit des feuilles sous mes pieds est tellement fantastique!

Dans mes oreilles
Je n’écoute pas de ipod, je préfère être libre comme l’air et pouvoir m’envoler au son de la musique de la nature.

Mes enfants sont mes plus grands supporters
Surtout mon dernier, que j’emmène souvent avec moi. Il aime quand je cours vite sinon il me dit: « plus plus ». Cet été il voulait que tous les jours on aye « couir mahaton »! J’entraîne mes deux grands avec moi, ils me suivent à vélo. Pas question de ne pas courir parce qu’ils sont a la maison. Et puis c’est une très belle activité sportive! Je vais les rejoindre au soccer en courant avec la poussette. Ils sont venus me soutenir au 10 km du marathon de Montréal le 5 septembre dernier et ils étaient très fiers de leur maman … surtout de la médaille! Même si fils aîné aurait voulu que je finisse première!

Conciliation travail/famille/vie amoureuse et vie sportive
J’ai la chance d’être à la maison avec quelques activités en fin d’après-midi (j’anime des petits ateliers en parascolaire), je peux donc courir tous les matins, si je le veux. La semaine, je vais faire les courses en courant. Il m’arrive de garder la semaine mon petit dernier (agent 003), a ce moment là on étudie un trajet où il y aura un parc sur le chemin du retour. Le week-end, j’emmène qui veut venir avec moi. Assez souvent nous allons nous promener dans un parc de la SEPAQ, les hommes marchent pendant que je cours environ 8km et on se donne un point de rendez-vous! En fait avec un peu d’organisation, on arrive à satisfaire tous nos désirs. Mon chum pars faire du vélo avec fils aîné et moi je cours avec les deux autres ou lors des longues sorties, je pars avant lui. Un grand jeu avec les garçons, en vacances, faire la course : le dernier est une poule mouillée !

Mon amoureux me suit de très prés, il veille sur mon état de santé, me donne beaucoup son avis, ne souhaite pas me voir courir un semi marathon mais me suit toujours! Nous sommes ensemble depuis près de 14 ans et notre amour est toujours aussi fort, peut-être même plus! Je me compte très chanceuse d’être aussi bien entourée de ma petite famille. Tout comme j’arrive toujours à me trouver du temps pour courir, je trouve le temps d’être la pour mes enfants et des moments seuls avec mon chum. Nous avons au moins 1 souper romantique par mois!

Tout est possible quand
Quand on y croit très fort. J’ai du reste le petit poisson peluche qui me répète d’y croire très fort pour que ça se réalise! C’est notre devise à moi et mon chum depuis que l’on est ensemble! J’ai été capable de courir mon 10km, dans un temps plutôt honorable! Parce que je l’ai voulu et je suis allée jusqu’au bout!

Quand tout est trop, elle court pour
Évacuer les ondes négatives et me recharger en ondes positives. En général je cours 5km super vite!

Prochain objectif
le 10km ou le semi d’Ottawa (j’ai le droit de rêver) au printemps 2011 prochain et le semi de Granby !

L’objectif ultime, un marathon!
Mon rêve ultime est le marathon de New-York et pourquoi pas pour mes 40 ans! Je rêve de voir New York, alors pourquoi ne pas faire les deux! Ce serait un beau cadeau?

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6 Responses to “Portrait de Caroline – l’art de se relever”

  1. La Belle 08. Oct, 2010 at 21:56 #

    J’apprends un peu plus à connaître mon amie qui m’inspire beaucoup pour la course ! Si ce n’était pas de toi ma belle Caro, j’aurai probablement eu beaucoup de difficulté à finir mon 1er 10 km :-)

  2. Mathieu Gagnon 09. Oct, 2010 at 08:21 #

    Félicitations Caroline pour ta détermination et ton entrain contagieux! C’est vraiment un portrait inspirant et touchant. Ne lâche pas!

  3. Greg 09. Oct, 2010 at 18:06 #

    Bravo pour cette leçon de vie de femme battante et pour tout ce courage!!

  4. sébastien haton 24. Oct, 2010 at 12:50 #

    Magnifique histoire, celle d’une belle personne que je suis fier de connaître depuis… la Préhistoire !

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